Anniversaire de Pépé Manuaku Waku

C'est de nouveau Manuaku Waku,
Dans Bon anniversaire, ce 19 août 2008


Le lundi 18 août 2008
                              

 

OPIES aux :        Au Vieux Emma de Panama ;
                       À Ray Lema le pluri-instrumentiste ;
                       À Packy, le grand pianiste et organise des Iss Boys ;
                       À Verckys Kiamuangana Mateta ;
                       À Dom Pedro, le gardien de la mémoire à la médiathèque ;
                       À Lilo Miango en souvenir des chroniques musicales au journal Elima
                       Au Président de la Communauté congolaise de Lausanne ;
                       À tous le Congolais d'Europe et du monde entier

Préambule

Le fait de voir que notre pays n'a pas un studio d'enregistrement digne de ce nom est un souci majeur pour moi. Du temps de Franco Luambo Makiadi, le pays avait un grand studio qui faisait la fierté de notre pays sur le plan artistique et surtout musical. On arrivait à y produire des œuvres de qualité ; et les musiciens venaient de tous les coins d'Afrique pour l'enregistrement de leurs œuvres. Actuellement, et même au moment ou j'étais encore à Kinshasa, on n'avait plus de bon studio. On allait à Brazzaville pour faire des enregistrements. Je crois que notre pays mérite d'avoir un bon studio. Et ce dans n'importe quelle ville ; Lubumbashi, Matadi, Kisangani, et pas nécessairement à Kinshasa. Le développement d'un pays ne doit pas se faire seulement dans la capitale. J'ai l'impression qu'actuellement tout le monde se focalise seulement sur Kinshasa ; alors que Kinshasa n'est pas le Congo.. Il faut envisager le développement de toutes les grandes villes. Alors, j'ai un grand projet. Je ne sais pas s'il pourra se concrétiser un jour, Dieu seul le sait. J'aimerais qu'il y ait des bonnes écoles de musique, des bons studios d'enregistrement, et des bons groupes de musique. La musique se meurt dans notre pays. Il est temps de la rebâtir. Source : Manuaku Waku, alias Pépé Felly au journal "La Conscience" dans la rubrique musique, le 16 juillet 2004, à Charlotte, Caroline du sud, États-Unis d'Amérique, peu avant le concert avec "les Yondo Sisters".

I.    Kukulu elombe

Evoloko Antoine, dit Atshuamo ou Lay Lay, est une de ces figures emblématiques sorties de cette forge musico-artistique en plein air. Ce n'est pas tout. Bien que les Iss Boys ont origine nantis des par leurs parents, ce sont des musiciens qui ont fréquenté le CO III, mais eux, comme les Thu Zaïna connaissait ce lieu et toute la promenade le long du fleuve Congo comme un promontoire de promenade de l'amour. S'il est donné à Kinshasa de raconter l'histoire de coin, on ne sera pas étonné d'y voir passer bras-dessus et bras-dessous feu, le grand frère, Kinzoni, dit Zatho ; Tony Dee quand il revenait de Belgique pour les vacances à Kinshasa. Même Rochereau dit Tabu Ley, ancien comptable de l'Athénée de Kalina s'y retrouvait pour s'inspirer. En fait devant la Maison de l'Ancien Premier ministre, il y avait un parc avec débarcadère pour se rendre à Brazzaville. Il n'y a pas une célébrité congolaise de la musique qui n'y s'y soit point rendu. les premières notes de "Indépendance Cha Cha" proviennent belle et bien de cet endroit, surtout dans les autres chant de la même anthologie. On a qu'à écouter Grand kallé chanter : "Ebale ya Katanga mai ma Kongo, Ebale ya Maniema mai ma Kongo, mai ma Kwuilu Kwango, mai ma Kongo", etc.

Dans le fond, quand une partie de la ville a si bien joué un rôle romantique pour ses habitants, pourquoi ne pas refaire les mêmes souvenirs de Kukulu elombe dans les autres villes du monde qui ressemblent aux berceuses de notre réveil à la vie de l'amour comme Rochereau le disait si bien : "Le secret de toute enfance est quand on est sans connaissance, mais il arrive à un certain moment, c'est à l'âge de 18 ans, on se plaint à la nature, car on découvre le sentiment..." À Lausanne où habite Manuaku, on peut créer un CO IV cela le long du Lac Léman, pourquoi pas ? Ce sera là restaurer un substitut de Kinshasa dans une certaine perception nostalgique des années laissées en arrière, surtout '60 et '70. Dans ce cas-ci, ce n'est pas parce que l'on veut aller faire l'école buissionnière, mais plutôt faire un rappel vers les adresses nostalgiques du passé immortalisé dans le souvenir des chansons comme : Marcelline Yaka yaka toyokana, La Tout neige, Mosinzo, Francine Keller, Consolation, Amoureux deçu et bien d'autres. Ça ne serait pas une idée négligeable que de se remettre d'aplomb par un retour au Kukulu elombe. Tous, nous avons une petite histoire d'espièglerie dans l'enfance, celle de faire un peu des farces, mais aussi d'avoir une imagination qui dépasse la récréation pour entraîner tout le monde à travers une blague à oublier leur statut d'adulte ou de personnalité pour devenir juste soi. Cette victoire de la loi du divertissement sur le sérieux des établis, nous l'avions tous un jour réalisé. À l'Athénée de Kalina ou de la Gombe, certains professeurs et éducateurs non-conformistes se rendaient sans se faire prier au C.O. III. C'est une école buissonnière que les élèves de l'Athénée en mal de liberté tenait le long du fleuve Congo. Le lieu central du CO III était en face de la maison de Lumumba et à côté du Parlement qui est devenu aujourd'hui la résidence du chef de l'État. C'est à cet endroit que les grandes figures de la Musique congolaise moderne après le Grand Kallé se sont inventés.

II.    Les solos de Félix Manuaku

Ce guitariste est aussi compositieur et chanteur, mais l'on se souvient plus de lui par la dextérité virtuose de son doigté qui résiste au temps comme l'airain et qui est inéltérable comme l'acier fin.

Félix Manuaku est certainement le plus grand guitariste lyrique de tout le temps survenu dans la musique congolaise moderne et qui a fait ses preuves. Évidemment, il ne faut pas confondre par des à priori préjudicielle. Je n'ai pas comparé Manuaku avec auncun guitariste de son temps de son post-temps. Le Dr Nico, comme il se plaisait à lle reconnaître est le plus grand guitariste romantique congolais, c'est là la différence et Franco est le plus grand guitariste rythmique, on peut le sentir tout de suite aux quintes qu'il joue. On ne peut pas atteindre le niveau de la touche que Franco avait dans les jeux de quinte et des tierces quand on n'a pas le tempo ni la cadence d'une croisière dans le pinçage des cordes. C'est même le Dr Nico, devant Roger Izeidy à son domicile où souvent nous nous retrouvions et face à Verckys, au Vévé Center au deuil de Grand Kallé, qui se plaisait à considérer Mauaku comme le plus grand guitariste lyrique pour avoir su produire des constellations des notes qui ferait plair Orphée avec sa lyre. Nico Kasanda avait promis à Manuaku sa guitare à sa mort, Nico ressentait sa fin sans se leurrer, il nous l'avait dit. Pour appuyer ce qu'il disait, ce génie avait émis le voeu que nous nous occupions de Déchaud. Mais Nico mort, sa guitare fut donnée à Mobutu Sese Seko avec le prétexte que cet insttrument devait entrer au Musée de la Présidence de la République au Mont N'Galiema.

L'orchestre Zaïko ne souffrait pas de la disette des notes. La plupart de temps quand la répétition prenait son envol, Félix Manuaku avait déjà composé le solo de la chanson à venir. Par deux dispositions d'esprit, le guitariste de Mbeya Mbeya, d'Eluzam, de Zania et Onasis ya Zaïre parveaniat à ses fins sans difficultés.

1. La première attitude de Manuaku face aux chansons était édictée par le profil de la personnalité du compositeur. En somme, Pépé Felly faisait l'introspection de la colorature du chant lui proposé en fonction des attentes visiblement perceptible sur l'expression du visage de qui veut que l'on arrange sa pièce. Evoloko était accrobate, Bimi était introverti, Yha Nyoch fut un poète à la manière de Lamartine, c'est un peu celui qui disait sans le dire, "Ô temps suspends ton vol". L'expression analogue à ce cri de coeur du père du romantisme français en lingala est dans "Awa". Celui qui peut réécouter cette chanson me donnera raison, elle aussi dans la chanson élégiaque "Nalali pngi mama" quand Yha Nyoch pleure sa soeur disparue ;

2. La deuxième attitude de Manuaku se réflète dans une approche pragmatique de l'arrangement. En effet, Félix n'allait pas à la répétition dépourvu du répértoire des variations, du sens de l'harmonie ni des impressions de concordance et des dissonnances. Tous les jours, Manuaku sortait le matin dépendamment du choix de sa promenade pour aller lire dans la béatitude ou la nervosité de la nature. Après ce passage en revue de l'épaisseur de l'espace temporel fuyant, Pépé Felly revenait avec des notes neuves et fraîches qui entreront à la première opportunité dans le vide sonore d'une tonalité orpheline. Ce fut la cas lorsque nous nous préparions pour au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, nous sommes allés dans les Monts de Cristal à matadi pour extraire de la rigueur du relief less sons télluriques du dénivelement originel de la terre.

Notons en passant que les Zaïrois qui ont inauguré le Centre Wallonie-Bruxelles, par un concert socio-typique, sont Djamba Yohé et Manuaku Waku, dans un concert intitulé : "Concerto pour Harmonie". C'était autour de 1987 si mes souvenirs sont bons. Aujourd'hui celle que nous avions chanté, Mademoiselle Harmonie, qui n'avait alors que deux ans, est une grande journaliste dans l'Atlantique Nord, elle écrit des articles très prisés pour la presse américaine et canadienne. Revenons au sujet de ce commentaire. Je dois dire qu'il n'y pas eu des hasards dans la création musico-artistique de Pépé Felly, il n'y a eu que des préparations dûment pressenties et exécutées quand le temps était à la production.

Manuaku, au-delà de sa connaissance intégrale des lignes mélodiques et rythmiques de la musique Congolais moderne est un innovateur. À deux, nous écoutions beaucoup la musique classique, la musique chinoise et la musique arabe. Une fois, nous sommes allé chez Georges Attoué, l'ancien Président de la Communauté libanaise du Zaïre pour écouter un guitariste égyptien célèbre à cette époque là pour entrevoir les sons du Bouzouki, la mandoline grecque que Manuaku a introduit dans la musique Zaïro-congolaise, c'est aussi lui d'ailleurs qui a introduit le synthétiseur dans notre musique avec le pianiste Nzenze qui joue à Paris. Au niveau de la musique classique, lorsqu'on pouvait, nous férquentations Packy, ce célèbre organiste des Yss Boys et professeur de piano de Musique à l'Institut National des Arts.

Soit saisi en passant, j'en profite, par cette occasion de réminiscence, pour saluer ce grand talent Packy et pour le remercier pour les efforts qu'il a déployé sans se faire prier chaque fois que j'avais besoin de lui. Packy, malgré sa notorieté et son prestige, déposait sa gloire pour répéter avec moi et m'accompagner au studio quand je faisais mes enregistrements maisons. Avec Manuaku et Packy, à la RENAPEC, après avoir loué le studio, ensemble, nous y passions des longues heures pour concilier guitare sèche, piano et voix. J'ai tous ces vieux enregistrements dans ma médiathèque. Packy a forgé l'estime de plusieurs personnes et il le mérite. Au coeur des sons produits, ce météore du clavier s'émerveillait de nous voir tenter l'impossible, à savoir : obliger la nature de nous donner des artifices qui sortent des sentiers battus pour ébaucher des tonalités qui font écoles. Ce n'était pas vain.

En tout cas, Pépé Felly a perforé le solfège en lui soutirant des vibratos inconnus. Tous ces solos auront fini par créer le phénomène des variations de Manuku qui était joué sans relâche à la fin de tous les concert. Cela faisait la joie des guitaristes en herbe et des solistes confirmés, car par l'écoute des ces variations, ces auditeurs apprenaient gratuitement la guitare et Manuaku se plaisait à leur expliquer la grammaire du son et des registres modulés de son instrument. Il était déjà 3 heures du matin quand ce sessions avaient lieu. Notez que, c'est là l'heure à partir de laquelle les concerts prenaient fin au Zaïre et même au Congo actuel. Peu après ces essais, le Grand Ray Lema et Nyoka Longo vont créer le Ya' Toupas. On connaît le reste de l'histoire.

Le guitariste le plus plagié

La phénoménologie pépéfélique c'est cette capacité de survie et de continuité du doigté forgé dans Zaïko Langa Langa et qui fait l'affaire de tous ceux qui embrassent la guitare pour jouer la musique d'essence congolaise. Nul n'a pu faire comme Manuaku avant et ce n'est pas pour bientôt qu'un autre guitariste fera comme lui. Le talent pour l'instrument de Fernado Sor et de Wendo Sor est un don que plusieurs personnes acquièrent par la pratique et l'exercice de la répétition. Mais demeurer actuel par un style que l'on a engendré, ce n'est pas aussi simple que ça, même Ségovia n'a pas marqué son temps avec une création technique de jeu instrumental comme l'a fait Manuaku. Le seul, parmi les esceptionnels musiciens qui demeurent inaltérables, c'est Czerni. Ce pianiste issue de l'armée de la Russie de Tsar a laissé pour le piano une technique d'initiation à cet instrument qui ne se dément pas. Je pense que ce dernier a inventé le métronome et a également conçu la numérisation des notes par des chiffres pour guider le doigté dans la lecture a vue du son imprimé dans sa calligraphie artistique.

Que l'on ne se méprenne point, des Grands guitaristes il y en beaucoup, mais ceux qui lèguent leur style ne sont pas pléthore. Pépé Felly est le seul guitariste dont le style traverse le temps sans se corroder. Tous les jeunes orchestres de Kinshasa ne jouent que sur la structure de l'alphabet guitaristque de Zaïko Langa Langa. Déjà à la première vague de défection des musiciens du Zaïko, je pense à ISIFI Lokole, à Yoka Lokole, à Viva la Musica, à Langa Langa Star, à Choc Star et au Tout Choc Anti-Choc de Bozi Boziana, le style en vogue choisi par tous ces ensembles est celui crée par Manuaku. La génération qui vient avec Wenge Musica ne se démarque pas, c'est le style de Pépé Felly qui sied dans son jeu rythmique et des arragements de toute sa production.

Actuellement, ce sont les gars de Côte d'Ivoire qui ont plagié carrément ce style tout en y ajoutant les Atalaku de chez eux. On peut également senti du Manualuisme guitaristique chez les musiciens maghrébins qui évoluent à paris, la chanson Aïsha de Rachid est assez cousine, dans l'instrumentation, aux musiques rythmiques et d'animation de Zaïko Langa Langa, car ne l'oublions pas, cet orchestre n'a pas changé de style et demeure le porte flambeau du son que les jeunes de la Commune de Kasa-Vubu ont construit pendant des années par leur cohésion orchestrale indéfectible. Au-delà de l'Afrique, c'est maintenant au tour des Antillais de se saisir des inventions rythmo-guitaristque de Zaïko. L'inventaire de ce constat commence déjà dans les années '80, le Kasav ne faisait que copier Zaïko, même dans les cris, Maboko.

Aujourd'hui, le Congo vit et vibre dans les guitares de l'étranger avec un morceau de Manuaku dans le doigté. En fait, c'est à tout le Zaïko Langa Langa qu'il faut rendre cet hommage pour avoir su construire dans la collaboration interpersonnelle des musiciens un édifice qui s'infuse dans la postérité. Le guitariste classique cubain, Manuel Barueco, parle du Congo avec estime et écoute constamment les musiques que les Manuaku, nyoka Longo, Papa Wemba ont joué pour ébauché les nouvelles sonorités de son répertoire quand il se consacre à la composition. Zaïko s'est inscrit avec ses vedettes dans la culture mondiale et sa sonorité est admise dans la civilisation de l'écriture musicale que demain enseignera dans les Conservatoires et les grandes Écoles de musique et d'Arts dramatiques. Dans les locaux consacrés aux musiques de l'étranger du Juliard School of Music de New York, Manuaku Waku et le Grand Kallé y ont été affichés au cours d'une saison consacrée à l'Afrique. C'est un bon point de départ pour l'immersion intemporel de l'immesnse cortège de la constellation musicienne qui monte vers le patio des concerts perpétuels de la Sainte Cécile célébrée tous les mois de novembre chaque année dans le monde entier.

VI.    L'humilité de Félix Manuaku

C'est une lecture qui nous a aidé à traverser ce qui a conjuré les débuts de Grand-Zaïko. Un jour nous avons parcouru les anciens discours des Rois d'Europe et des hommes d'État contemporains comme nous le faisions pour les musiques écrites par des grands génies du Baroque et du Romantisme. La surprise fut le texte écrit par un Monarque de Hongrie, Étienne 1er, dans sa langue maternelle István. Nous avons adapté ses écrits pour nous rapprocher des difficultés analogues que le nouvel orchestre Manuaku traversait. Car pendant que le Grand-Zaïko était en chantier, il y avait des proches du soliste qui ne juraient que sur le talent de Pépé Felly pour juguler ce qui pouvait l'être. Or, dans le même contexte, le papa de Pépé Felly venait de nous faire un long sermon de sagesse là-dessus. Ce dernier a dit que son fils ne devait pas être vantard pour envisager de percer. À la suite de ces paroles paternelles, nous sommes tombés sur les Conseil qu'Étienne 1er donnait à son fils et c'est sous cette version que nous avons tiré notre épingle de l'épître royale :

« .... Le joyau de la couronne, c'est la sagesse, assortie de la patience. En effet, les rois patients règnent, les rois impatients tyrannisent. En cet esprit, très cher fils, accueille les étrangers avec bienveillance et traite-les avec honneur. (...) Sache-le donc, très cher fils : chacun à sa place ; les jeunes gens aux armes, les vieillards aux conseils. En effet, les avis des sages sont enfermés dans les coeurs des gens d'expérience. Il ne faut pas les livrer aux bavardages des insensés. En cet esprit, l'imitation des ancêtres est très important. Sache-le : le suprême ornement du royaume, c'est d'imiter ses honorables parents. Quiconque résiste à son père est l'ennemi de Dieu. L'esprit de désobéissance fanerait les fleurs de la couronne. (...) »

Le père de Manuaku enlevait son chapeau pour saluer son fils, c'est même lui qui lui a appris la guitare. Et D'Oliveira, son grand père vint ajouter d'autres notions à son doigté de tendre jeu. À l'époque de tango ya ba Wendo, D'Oliveira est une vedette très célèbre autant qu'Adou Elenga et Wendo. Son orchestre évoluait à Kinshasa et à Matadi. Cet homme humble était l'ami de tous les initiateurs de la vie artistique dans le Kinshasa des années '30, '40 et '50. Le Grand Kallé, Franco et les musiciens de Loningisa allaient se faire conseiller par lui. Après avpoir acquis cette sensibilité de l'humilité et de la sagesse, Manuaku a suivi un parcours très étroit qui le liait toujours au le clan des aînés. Franco lui dira un jour : "Petit guitariste apolaka te". C'est à partir des conseil donnés par Étienne à son fils conjugués à ceux du père Manuaku que la chanson "Bonganga fut composé".

Au fil de temps, le calendrier faisant son oeuvre de renouveau et de récupération du passé, nous avions grandi et l'épreuve test survint en 1984, C'était surtout et d'abord parce que Monseigneur Joseph-Albert Malula était triste et difficile à consoler à la mort deGrand Kallé. Durant le deuil, nous étions à sa résidence du quartier du 20 mai où Joseph Kabaselle fut exposé comme un dieu grecque avant son entrée au Panthéon. Ceux qui habitent à Genève peuvent imaginer à peu près comment l'exposition du corps du fondateur de l'African Jazz fut placé devant le public éploré. Il suffit pour cela, pour ceux qui vivent en Suisse, de passer là où se trouve le monument funéraire de l'écrivain Jean-Jacques Rousseau pour se faire une idée précise. C'est dans la façon de sa posture funéraire que le Grand Kallé était mis en catafalque pour être vu par le peuple qui l'a écouté et adulé.

Nous avions après ça, composé des pièces pour orgue avec Manuku et Nzenze dans le but d'infuser à la Musique congolaise Moderne des nouvelles perspectives d'audace, de sinuosité mélodique, de vibrato, voire de tremolo. En fait des "organum tremuit" comme dirait les Romains et les Latins qui écrivaient au temps médiéval des pièces intemporelles d'une rare beauté sans signer leurs noms. Le résultat de cette production de musique empreinte d'orgue fut le concert donné au Goëthe Institut de Kinshasa. C'est Coca Cola qui patronné cette soirée, sous le titre de Florida en mémoire des astronautes américains de Challenger mort dans le ciel bleu de Floride, le 28 janvier 1986..

Manuaku a appris l'humilité et est vraiment humble. La leçon de cette règle de vie l'a aidé à ne pas être gonflé quand les grands moments de gloire et de prestige personnels étaient là. Ce sont notamment, le concert avec le rockers français Jacques Igelin, le jazzman de l'Hexagone Philippe Cathérine, le bluesman américain Taj mahal, Jimmy Cliff le jamaïcain et Jean-Jacques Goldman de France dans une production associée au Palais du Peuple de la capitale de la RDC, alors Zaïre. V. Jam session au signe du Sauvabelin à Lausanne

La fête de l'anniversaire est ne l'air. Pépé Felly va jouer les plus beaux morceaux de Zaïko Langa Langa pour ceux qui iront lui rendre visite le j19 août 2008, jour de sa naissance. Manuaku compte se produire d'une manière champêtre au "Signal du Sauvabelin" s'il ne plaît pas. C'est en quelque sorte un pique-nique avec sa famille et ses proches. Ceux qui pensent qu'Evoloko, Nyoka Longo, Siméon Mavuela, Papa Wemba, Gina Efonge, Bimi Ombale et Mbuta Mashakado ont encore une place dans leurs souvenirs de la FIkin, de Vis-à-vis, du Bar Apollo de Bandal, de Ma Elika ou du Comisque à Kasas-Vubu, voici-là une occasion en or au pays de Guillaume Tell. J'imagine que le Grand Michelino Mavatiku Visi qui passe, il me semble, ses vacances en Suisse sera de la partie, Dom Pedro, Ya Emma, Delvis, Thenday Tshis, Lilo Miango et même Ray Lema vont se joindre à ces fêtards d'un Kinshasa improvisé au belvedère du Lac Léman au dessus de Lausanne. Ceux qui le voudront, amener vos guitares, vos voix et vos surprises du domaine musical.

Manuaku Waku ne repousse jamais personne, comme vous venez de vous en aprcevoir sur la rubrique brossant son humulité. Pour les jeunes congolais et d'origine congolaise qui n'entendent que parler de Zaïko, de l'Ok Jazz, de l'African Fiesta, de Thu Zaïna, c'est là un moment particulier pour découvrir, sans se boucsculer, les écrivains de l'anthologie chantée et harmonique du trésor de l'Art lyrique de la RDC. Dans tous les Congolais mélomanes, il y a immanquablement un Wendo, un Grand Kallé, un Franco, un Vicky Longomba, un Izeidy Mokoy, un Rochereau, un Johnny Bokelo, une Lucie Eyenga, une Etisomba, une Abeti, une Mpogo Love et un Djamba Yohé qui dort, pourquoi pas ! Le 19 août aura été bien célébrée en compagnie de la Communauté congolaise qui sentira le besoin de vibrer aux sons qui se faiseint la guerre inter-orchestre.

Les champs de bataille étaient nombreux. L'Athénée de la Gombe, le Collège Albert, la Funa, l'Apollo, le Vat '69, le Café Jea de Lemba, le David Bar et l'Alfpnso bar de Bandal, chez Nzuzi à Kintambo, chez Zeka à Kinshasa et bine d'autres. Moi j'aimais la guerre entre le Thu Zaïna et le Mustang, le Mustang contre Iss Boys, le Zaïko contre Stukas. Vous savez, il n'y avait pas de vaincus, tous étaient vainqueurs, c'était cela l'esprit du temps de Kinzonzi Zatho. Seulement, je tiens à dire que pour être de cette fête-là, chacun doit se prendre en charge, Manuaku n'a pas la bourse pour improviser les dépenses de ceux qui pourraient se permettre des longues randonnées pour arriver à l'Odéon des Orphées, c'est-à-dire le lieu sur lequel Manuaku va jouer de la musique pour tout le monde. J'ajoute également qu'il faille le téléphoner, c'est une bonne façon de faire sa réservation, car l'endroit de cette production peut changer si la Mairie de Lausanne n'accorde pas à Félix l'autorisation de se retrouver en groupe pour la circonstance.. De toutes les manières, c'est comme cela qu'au Nord de notre hemisphère on travaille étant donné la crainte des imprévus pour le service d'ordre.

Néanmoins, quelle joie apporterez-vous à ce guitariste, Manuaku Waku, qui sait faire danser des multitudes sans qu'il n'eut un mouvement de bougeotte, lui que l'on a rarement vu danser. Kukulu elombe muana niau elombe kanga moto elombe ye wana azali koya ekenge se prête bien au Signal du Sauvabelin, il faut s'y rendre avec des cartes de voeux pour souhaiter bonne fête au lauréat du nouvel an. Manuaku a écrit des très belles pages de notre musique, il a voyagé beaucoup dans l'espace intérieur de sa personne pour y soutirer des intuitions de toutes sortes utiles à son art lyrique, il a occupé l'espace public pour infuser dans la peau de l'épaisseur temporelle des sons qui caressent l'âme, il a été de tous les rendez-vous dans la géographie physique du monde, comme à Lagos en 1976 au FESTAC avec Rochereau et enfin Pépée Felly habite toujours sur l'écume du solfège appliqué.

Si j'étais avec vous en Europe, je ne manquerai pas à cette rencontre que je suppose très haute en couleur. J'oserai même inviter Manu Dibango avec son saxo pour chnater "J'ai perdu la tête à Léopoldville en dansant twist à Kalina". Le Congo n'est pas mort, il est vivant et il est éternel, c'est un pays des dieux humains qui sortent du cocon de la botanique surnaturelle et qui sèment à tout vent la musique, la peinture, les Belles lettres, les Beaux Arts et l'amour. Le Congo est un havre des délices perpétuels, il continue à se construire même quand on l'abîme. Sans répit, ce pays va sans cesse donner au monde, à l'heure d'un accomplissement mystique, un Manuaku, un Nico, un Kallé, un Lita Bembo, un Papa Wemba, une Meta Beya. Pépé Felly est de cette race que la musique a engendré comme Vénus, mais sur l'écume de la musique avec la semence d'Orphée et d'Eurydice.

Bon anniversaire et bonne fête Manuaku Waku, Pepé Felly de la rue Victoire et Eyala

Gaston-Marie F,
Djamba Yohé,
Ottawa, le 16 août 2007.