ZAIKO LANGA LANGA 40 ans après
Papa Wemba, de son vrai nom Jules Shungu Wembadio Pene Ki Kumba, accompagnait ce jour de décembre 1969 Baudouin et Chrisot, deux cousins de Mongombe chez leur tante paternelle au numéro 10 de la rue Popokabaka dans la commune de Dendal, aujourd’hui commune de Kasa-vubu. Il y trouva « Bel Guide », un orchestre de jeunes, en pleine séance de répétition. Quelle aubaine ! Il leur demanda s’il pouvait interpréter avec eux «Adios Tété » du Seigneur Rochereau. Ce dernier deviendra un plus tard le parrain de l’orchestre Zaïko Langa-Langa.
Ce jour-là, sans le savoir, Jules Shungu, appelé à l’époque Jules Presley, mettait les pieds dans la grande histoire de la musique africaine moderne post-indépendance. Après la prestation de papa Wemba, le comité du groupe "Bel Guide" s'était rendu compte que le groupe était improductif. Il lui manquait un leader de la trempe de Papa Wemba ;Jossart Nyoka Longo ayant déserté le groupe quelques semaines plutôt à cause des difficultés de transport (il habitait à Ndjili quartier 13). C'est ainsi que le comité décidera de revoquer tous les musiciens improductifs du groupe " Bel Guide" pour créer, avec papa Wemba, le groupe ZAIKO Langa Langa.
C'est papa Wemba qui avait collé le nom Langa Langa au groupe ZAIKO.Le groupe musical, « Bel Guide » était présidé par Henri Mongombe et son Vice-président Mwanda D.V. Teddy Sukami en était le Secrétaire administratif. Ce dernier deviendra plus tard le président du groupe Zaiko Langa Langa. Revenons à Papa Wemba: Après avoir interpreté la chanson de l’orchestre African Jazz, il traversa l’avenue du
Président Kasa-vubu pour rentrer chez lui sur la rue Kanda-Kanda dans la commune de Kalamu. Le soir même, il recevra la visite de Mwanda Di Vita dit Mwanda D.V., son ancien chef dans «les Xaveries », un mouvement du scoutisme. Il proposera à Jules d’intégrer le nouveau groupe musical qui était en chantier. Le lendemain, lorsqu’il se rendit au lieu du rendez-vous, les musiciens qu’il avait vus la veille n’y étaient plus. Il n’en restait qu’un. C’était Pépé Fely Manuaku. C’était le départ d’un nouveau groupe avec Manuaku waku,Teddy Sukami et Zamuangana.Joseph Roger Nyoka Longo dit Jerssy Jossart rejoindra le groupe plus tard: ce dernier était donc le quatrième ou cinquième musicien par ordre d'arrivée.Un autre copain Simon Mavuela dit Siméon les avait rejoint comme chanteur puis André Bimi d’abord à la batterie avant de devenir le chanteur que l’on connaît. Ce groupe musical fondé par un collège de quatre amis Henri Mongombe, André Bita, Marcelin Delo et Mwanda Di Vita deviendra, le 24 décembre 1969, l’orchestre « Zaïko Langa-Langa ». Ce sont les hasards de circonstances comme nous venons de le voir qui ont conduit Jules Shungu, le futur Papa Wemba, dans la parcelle de la famille de Gégé Mangaya où répétait l’orchestre Bel Guide.Le premier chef d'orchestre du groupe Zaiko Langa Langa,Félix Manuaku Waku dit Pépé Fely ,avait integré l’orchestre « Bel Guide » quelques mois auparavant en 1969. Il y rencontra Joseph Nyoka dit Jossart, Zamwangana dit Enock, Gégé Mangaya, Roxy Tshimpaka et les autres. Très peu de temps après la création de l’orchestre Zaïko Langa-Langa, deux jeunes venus de l’orchestre Maps Jean Pierre Lonyama dit Gina Efonge et Antoine Evoloko dit Anto Nickel, feront leur entrée dans le tout nouveau groupe musical.
Bien des années plus tard, d’autres artistes sont venus rejoindre le Tout Choc Zaïko Langa Langa au point de laisser une empreinte remarquable. parmi les plus célèbres, nous pouvons citer Yaya Mbuta Mashakado,Mbuta Matima alias YaTitiche,Belobi nge kerme alias Mary-joe, Muaka alias Oncle Bapuis, Isamaze Bakunde alias Ilo Pablo, Mbenzu Mbenzuan dit Bozi Boziana,Claude Nsumbu Makola dit Lengi Lenga, Likinga Mangenza dit Redo,Pauvre Shekdan (le compositeur de Pa-Oki),Avedila Nkiambi alias petit Poisson,Jean-Pierre BUSE dit JP-BUSE,Zangilu Makiadi alias Popolipo, Théo Dindo Yogo, Adamo Ekula, petit Aziza zina za,Adoula Monga alias DOudou ect....
L’appellation Zaïco existait déjà en Belgique. L’orchestre « Zaïco » était fondé à Liège en 1967 par Pierre Ngalula dit « Sinatra » et Vincent Munka dit « Tex ». L’homme politique Joseph Ngalula, le père Pierre, était membre de la « Conscience Africaine », mouvement indépendantiste dans l’ancien Congo-Belge. Zaïko veut dire « Zaïre ya bankoko » (Le Zaïre des ancêtres). Tandis que Zaïco, avec « C » signifiait : « Zaïre du Congo ». Nous sommes avant le 27 octobre 1971, la République démocratique du Congo ne s’appelait pas encore la République du Zaïre. L’orchestre Zaïko Langa Langa avait fait sa sortie officielle dans le Bar Dancing Hawaï, sur la rue Bongolo dans la commune de Kalamu à Kinshasa, le 24 mars 1970. C’était le jour du premier anniversaire du décès du Président Joseph Kasa vubu et premier bourgmestre (maire) africain de la commune de Dendal, commune où répétait l’orchestre « Bel Guide ». Cette commune porte aujourd’hui son nom.L’une des raisons du succès populaire de ces jeunes, venus pour la plupart des prestigieux établissements scolaires de la capitale congolaise, est d’avoir réussi à faire le trait d’union entre la musique que faisait les étudiants congolais en Belgique et la rumba congolaise en s’inspirant de leurs aînés. Le Tout Choc Zaïko Langa Langa a remis au goût du jour les termes utilisés à l’époque de pionniers de la musique congolaise.Sebene : partitions destinées à faire danser. Ce terme vient de l’anglais « seven », sept pour désigner l’accord de septième, comme notamment dans le jazz. Agwaya, cher au guitariste Zacharie Elenga dit Jhimmy l’hawaïenne, est devenu un cri dans le Zaïko pour inciter les mélomanes à la danse .Paul Mwanga, le collaborateur de Jhimmy, ne citait-il pas déjà le terme Langa-Langa dans une de ses chansons?Chanson où il disait : « Maboko likolo mama, maboko likolo mama, oo pamba ! bakoka biso te…langa langa » (Agitez vos mains en l’air, agitez vos mains en l’air ! rien ne peut nous égaler…langa langa).
Le Zaïko Langa Langa avait aussi adopté la danse Cavacha que popularisait déjà Henri Bowane dans les années cinquante. Le même Bowane, ami de Wendo, qui a découvert beaucoup de grands noms de la musique congolaise comme Franco Lwambo Makiadi, Jean Serge Essous ou Lando Rossignol, a produit en Afrique de l’Ouest, dans les années soixante dix, un album de Zaïko où figuraient des chansons comme « Kin Kiesse ».
A l’époque des pionniers de la musique congolaise connue sous le nom de « Tango ya bawendo » (l’époque des Wendo), il n’y avait quasiment pas d’instruments à vent. Et le Zaïko les a carrément supprimés pour mettre en avant les guitares, particulièrement la guitare lead, appelée au Congo « guitare solo ». Pépé Fely Manuaku Waku, qui a révolutionné la guitare solo pour la nouvelle génération, s’est inspiré des prédécesseurs, notamment Manuel d’Oliveira, Papa Noël Nedule, Gérard Biyela dit Gerry Gérard, Michelino, Damoiseau, le Docteur Nico, Lwambo Makiadi etc… Pour Manuaku Waku, son style est le résultat de la fusion de ceux de Nico et de Franco. Avant l’avènement de Pépé Fely, les solistes faisaient des ballades avec leurs guitares en reprenant une strophe après les chanteurs avant la partie la plus animée de la chanson. Mais Manuaku, au lieu de «chanter » avec sa guitare, joue une succession des notes mélodiques. Dans la partie animée de la chanson, les fameuses «sébénés », il enchaîne des rythmes rapides et saccadés pour faire danser. Depuis, presque tous les guitaristes lead « solistes » ont adopté le style de Pépé Fely Manuaku Waku.L’épouse de Pépé Fély Manuaku et Papa Wemba sont cousins. Papa Wemba, le beau-frère de Manuaku Waku, sera celui qui découvrit plus tard de nouveaux talents et la référence pour beaucoup de jeunes chanteurs. Bien qu’il n’utilise pas d’instruments à vent, Teddy Sukami a démontré dans sa chanson « Bongo Bouger » que l’on pourrait toujours reconnaître l’identité de l’orchestre Zaïko Langa Langa en les utilisant. Cette expérience sera renouvelée avec la chanson « Alekanda ». Ce fut de même lorsque les éléments de Zaïko ont intégré l’orchestre Afrisa International du Seigneur Tabu Ley Rochereau dans le cadre l’ONAZA, l’Orchestre National du Zaïre pour le Festac 77 (festival organisé à Lagos au Nigéria en 1977).Contrairement à beaucoup de chansons de Zaïko, dans « Bongo Bouger », ce n’est pas la guitare lead « solo » qui prédomine, mais le rythmique. Avec Zéphirin MATIMA Pioso et son approche tout en douceur des rythmes saccadés, bien différents de son collègue Pépé Fely Manuaku, les mélomanes reconnaissent aisément les phrases mélodiques de Zaïko Langa Langa. C’est ce dernier qui a joué toutes les chansons du poète Gina Efonge. Tout est parti d’un malentendu entre Gina et Pépé Fely. Ce dernier devait jouer, semble-t-il, dans « Yo nalinga », une chanson de Gina. Comme il prenait son temps pour accorder sa guitare, une remarque de Gina l’a contrarié. A partir de ce moment, Pépé Fely avait décidé de ne plus jouer la guitare dans les chansons de Gina Efonge tout en restant des amis. Matima, qui interprétait les variétés étrangères, deviendra au fil des années l’autre approche de la guitare lead de Zaïko Langa Langa.
Bien que nous parlions de solistes (guitares lead), nous ne pouvons ignorer le rôle joué par la guitare rythmique, appelée au Congo guitare d’accompagnement. Sans l’accompagnement rythmique de Enoch Zamuangana ou de Teddy Sukami, la guitare lead n’aurait pas eu cette complicité complémentaire dans le style Zaïko. Dans certaines chansons, c’est la guitare rythmique qui intervient en solo dans bien des passages tels que dans « Bongo bouger », « Kin Kiesse », « Katshi » etc.Même si l’opinion publique présente le Zaïko Langa Langa comme le premier orchestre exclusivement composé de jeunes à Kinshasa, en réalité, c’est en 1968, que les jeunes artistes se sont affranchis de la domination de leurs patrons pour créer l’orchestre « Festival des maquisards ». Ce sont donc « des Maquisards » qui ont ouvert la voie aux orchestres comme Stukas, Thu Zaïna, Mustang, Zephir et Zaïko etc. D’ailleurs Jules Shungu dit Papa Wemba avait passé quelques temps avec Gaby Lita dans le Stukas en compagnie de Pablo Bakunde Ilo avant de participer à la création de Zaïko. Pablo y fera bien plus tard son entrée pour suppléer l’absence temporaire de Mary-Joe, le batteur titulaire.
En 1974, Shungu, Evoloko, Mavuela Somo et Bozi Boziana quitteront l’orchestre Zaïko Langa-Langa pour former « Isifi Lokolé ». Pour eux, ISIFI veut dire « Institut Supérieur de l’Initiation à la Formation des Idoles ». Mais pour les mélomanes, Isifi venait de «Il suffit ozua idée » (Il suffit d’être inspiré). En 1975, Shungu Wembadio, Mavuela Somo et Bozi Boziana quitteront Isifi Lokolé pour former l’orchestre « Yoka Lokolé ». Ils seront rejoints par Mbuta Mashakado et Lwambo Issa dit «Djo Issa ». Ils reprendront à leur compte «The Fania all stars ! Et que viva la musica ! », les cris d’animation de musiciens latinos lors du mini-festival de musique qui a précédé le championnat du monde de boxe des poids lourds opposant George Foreman à Muhammed Ali. L’attaque chant de l’orchestre Yoka Lokolé se fit appeler « Les fania all stars ».Shungu Wembadio se fera appelé désormais « Papa Wemba ». En 1976, Papa Wemba fut publiquement révoqué de l’orchestre « Yoka Lokolé » par ses amis, particulièrement Mbuta Mashakado (tout droit na canaille kaka !). Humilié, Papa Wemba ne sut quoi faire. Suivant les conseils de ses amis, particulièrement un certain Sacré Mapenza, Papa Wemba monta son propre orchestre " VIVA LA MUSICA". Il se fit entouré par des chanteurs qui étaient peu connus du grand public. Nous pouvons citer Pépé Bipoli, Jadot le Cambodgien et Petit Aziza. Il fit appel au Prince Espérant Kisangani. Ce grand chanteur très discret était l’un des piliers de l’orchestre « Tabou National » de la commune de Lingwala avant d’évoluer un moment avec Pépé Ndombe dans l’orchestre « AfriZam ».L’orchestre « Viva la musica » de Papa Wemba fit sa sortie officielle le samedi 26 février 1977 au bar dancing « Type Ka » du Seigneur Tabu Ley dans la commune de Kinshasa. Auparavant, l’orchestre « Viva la musica » se faisait appeler l’orchestre Yoka Lokolé aile Wemba par opposition à Yoka Lokolé aile Mavuela. Le siège de l’orchestre était fixé à son domicile au numéro A 42 de la rue Kanda-Kanda dans la commune de Kalamu. Il s’autoproclama chef coutumier du village Molokai. Il s’était inspiré des films qu’il a vus dans sa jeunesse sur Jozef De Veuster dit le père Damien, ce missionnaire belge qui se consacrait aux lépreux de l’île Molokai et qui mourut de la lèpre en 1889 dans cette île des Hawaii. Pour Wemba, Molokai étaient les initiales des rues de cette partie du quartier Matonge où était situé son domicile, siège social de l’orchestre Viva La Musica. Molokai venait de « M » pour Masimanimba, « O » pour Oswe, « Lo » pour Lokolama, « Ka » pour Kanda-Kanda et « I » pour Inzia.
Le Zaïko Langa Langa, ce groupe avant-gardiste de la musique montante ne s’intéresse pas seulement de ce qui se fait de mieux en matière musicale dans le monde mais se tourne aussi vers le patrimoine culturel du Congo. C’est ainsi, qu’avec le phénomène « Atalaku » qu’il a initié en intégrant dans le groupe entre autres Nono Munzuluku, Marius et Doudou Adula, le Zaïko a revalorisé le Tam-Tam et le maracas traditionnels comme le faisaient jadis leurs aînés dans les veillées funèbres (Matanga). Doudou, aujourd’hui, n’est plus seulement animateur mais également chanteur titulaire dans Zaïko. Zaïko est la première formation musicale à faire évoluer sur la même scène et en même temps deux batteurs : Jean-Marie Ngekerme dit Mary-jo et Paul Bakunde Ilo dit Pablo. Mary-jo, après une longue absence, fut remplacé par Pablo. A son retour, il retrouva sa place à côté de Pablo. Aujourd’hui, Mary-jo est parmi les doyens de l’orchestre. Contrairement aux artistes musiciens de leur génération, Nyoka Longo, Matima, Enoch Zamuangana, et Teddy Sukami ont fait l’essentiel de leur carrière dans un seul orchestre : Le Tout choc Zaïko Langa Langa. L’un des rares survivants fidèles à cet orchestre depuis le début Jossart Nyoka Longo Mvula est aujourd’hui le pivot central de Zaïko, cette institution de la musique afro mondiale qui a ses racines bien ancrées au Congo. Les radios trottoires disent qu'il est très rusé; Il serait responsable du départ des plusieurs artistes du groupe Zaiko Langa Langa pour reigner en maitre absolu: il avait fait un coup d'état à son premier chef d'orchestre Manuaku Waku.Nyoka Longo, bon danseur plutôt que chanteur,incarne à lui seul, pour les enfants de la génération qui ont l’âge de ses petits fils. Grâce à lui, Zaïko connaît la longévité qu’aucun orchestre n’a atteint au Congo. Gégé Mangaya, son ami d’enfance qui habitait où l’orchestre « Bel Guide » faisait ses répétitions, a évolué dans le Thu Zaïna en passant par le Tout Puissant Ok-Jazz du Grand Maître Lwambo Makiadi Franco, avant de retrouver le Président Nyoka Longo dans le Zaïko Langa Langa comme Chef d’orchestre. En cette période anniversaire, nous devons aussi rendre hommage à Henri Mongombe, décédé le 11 octobre 2006, André BITA en 1993, MUANDA D.V. en 1984 et tous les musiciens qui ont fait Zaïko.Zaïko Langa Langa, ce sont aussi des milliers de fanatiques à travers le monde. Certains d’entre eux, comme Ricky Lumbu, Samy Sax, Eugide Defer ou De Gaulle ont accompagné leur orchestre favori des années durant. Dona Mobeti, l’un des tous premiers sympathisants a failli se bagarrer avec Roxy Tshimpaka qui évoluait à l’époque dans l’orchestre Thu Zaïna lors d’une campagne d’affichage annonçant un bal dansant agrémenté par le Zaïko naissant. Dona Mobeti dit le commandant est devenu quelques années plus tard artiste musicien. Son orchestre Cavacha a révélé des artistes comme Mopero et Djanana. Roxy Tshimpaka avait remplacé Pépé Manuaku qui a créé en 1980 son orchestre « le Grand Zaïko Wa Wa ».
( à suivre )
La création du Tout Choc Zaiko d'Amerique
Quelques anciens musiciens du groupe Zaiko Langa Langa installés en Amerique du Nord, viennent de créer le groupe Tout Choc Zaiko d'Amerique. Ils sont présentement à Washington D.C. en studio pour l'enregistrement d'un album de 10 titres. Le groupe est composé de trois chanteurs, trois guitaristes, un clavieriste, un batteur et trois danseuses.
Pour plus d'information, contacter Mr. Mafema au (301)909-2322 ou envoyer un email à l'adresse suivante: toutchoczaikodamerique@gmail.com
Adamo poignarde Nyoka Longo
Création du groupe « Les Stars de Zaïko » à Bruxelles : une mutinerie contre Nyoka Longo
Kinshasa, 19/06/2009 / Musique
A vrai dire, rien de ce départ bien que massif n’affecte le patrimoine musical qu’est « Zaïko Langa Langa » et son leader, « Vieux Bombas ». Là où le bat blesse, c’est l’appropriation du label « Zaïko ».
L’actualité musicale a actuellement pour point de mire la création du groupe musical, « Les Stars de Zaïko », constitué de récents dissidents du Tout Choc Zaïko Langa Langa « Nkolo Mboka ». Cependant, ce détachement, pas moins spectaculaire (car le phénomène de la dislocation des orchestres aura mûri depuis jadis), fait jaser et étonne plus d’un mélomane averti autant à Kinshasa qu’à Bruxelles. C’est dans un élément filmé à Bruxelles et diffusé sur une chaîne locale congolaise que Kinshasa a confirmée la défection et la création de ce groupe musical.
Les « nouveaux patrons » parlent même de la révocation de Jossart Nyoka Longo Mvula dit «Mfumu ya Longo ». Au cours de cette interview, le chanteur Adamo Ekule qui s’illustre, d’ores et déjà, comme le “leader” du consortium musical, explique que ce divorce était attendu.
« Car moi, tout comme mes autres collègues, nous consolidions nos ambitions en coulisse pendant que notre vieux Jossart nous avait pratiquement abandonné en Europe, sans activités... Il nous fallait donc vivre. C’est ainsi que nous nous étions mis d’accord sur les heures de répétition et nous avions commencé. Les productions ont suivi... Actuellement, nous sommes très sollicités en Europe où tout le monde est d’accord. Les choses avancent bien d’autant plus que nous avons de bons échos depuis Kinshasa où nous atterrirons certainement après avoir réalisé un album ... », dit-il.
Au sujet de sa prestation à Kinshasa, à l’occasion du retour sur scène de Nyoka Longo au Grand hôtel/Kinshasa à laquelle il était annoncé à l’instar de Malage, Adamo déclare : “ en effet, je devais participer à cette série de productions, en dépit du fait que je ne faisais déjà plus partie du groupe qui devait regagner Kinshasa. D’autant plus que je suis installé à Bruxelles où je suis marié. A forte raison, il est indispensable que je puisse évoluer musicalement de ce côté ».
Et de marteler: de toute façon, j’avais déjà présenté ma démission à Jossart parce que rien ne marchait “. Pourquoi s’approprier le label Zaïko? Adamo : “ parce que Zaïko Langa Langa me doit... j’ai évolué durant près de vingt ans au sein de Zaïko Langa Langa que je pense ne pas payer... je ne dis pas que Nyoka Longo ne m’a pas payé mais plutôt Zaïko. Raison pour laquelle j’estime qu’il est normal que je profite de cette dénomination dont je suis également une référence d’une certaine époque ».
Qui l’eût cru ? Qu’un jour une mutinerie, initiée par l’un de ses braves poulains (Adamo), s’élèverait contre Nyoka Longo dit ”le laboureur “, après tant d’années de galère passées à Kinshasa où le groupe était quelque peu en faillite, avant son départ pour le Zénith. Cependant un jour, Judas conspira contre Jésus et que Abraham se sépara de Loth, en s’accordant des chances (pour ces derniers). Ainsi, certaines langues accordent donc une chance à Adamo et les siens qui évoquent, en dépit de tout, tout Bruxelles est derrière les Stars de Zaïko, en attendant notre descente à Kinshasa”.
Réaction de Kinshasa
A vrai dire, rien de ce départ bien que massif n’affecte le patrimoine musical qu’est « Zaïko Langa Langa » et son leader, « Vieux Bombas ». Là où le bat blesse, c’est l’appropriation du label” Zaïko“. Nyoka Longo de rétorquer de façon radicale : “aucun d’entre eux n’a le droit d’œuvrer sous le label de Zaïko Langa Langa. Ils ne sont rien dans la grande épopée de ce groupe. Pour preuve, ils ne détiennent pas le titre de propriété et ne maîtrisent pas les plus meilleurs des tubes du répertoire de ce groupe. Pour moi, c’est donc une simple aventure... une hallucination de mes jeunes frères, dirais-je!
Rappelons, selon l’administration de Zaïko, dirigée par Nyoka Longo, qu’il était convenu la révocation de tout musicien qui n’aurait pas regagné Kinshasa au délai de grâce imparti, après le retour de ” Ya Jossart” accompagné de Gege Mangaya, Chou Lay et Doudou Adoula. De ce fait, celui des musiciens qui n’avait pas rejoint la capitale congolaise comme convenu, a été révoqué, a renseigné le porte-parole du groupe.
Signalons sur ce point que ”Les Stars de Zaïko” est constitué d’une quinzaine de musiciens, tous en provenance de Kinshasa, il y a 6 ans, dans le cadre de la tournée européenne de Zaïko Langa Langa, au cours de laquelle Nyoka Longo a marqué d’une empreinte indélébile son passage sur les planches du Zénith de Paris. Parmi eux figurent Nono Atalaku, Modeste Modikilo, Petit Poisson, Motingya, Strelly Mikobi, Prince, Papy Cocaine et autres qui se sont tous affublés le pseudo d’Obama.
Nyoka Longo toujours au top !
Sur un autre chapitre, signalons que le “ laboureur “ et ses enfants continuent leur percée spectaculaire à la reconquête des “âmes” égarées. Et, ça marche la semaine dernière, Nyoka Longo a été à l’affiche, deux fois de suite, à l’espace « Chaudron » à Matadi dans la province du Bas-Congo. Ce fut le succès sans conteste !
De retour à Kinshasa, le groupe a fait sa ronde habituelle du week-end, respectivement, au night-club « l’Atmosphère » du GHK (vendredi), chez ” Maman Kulutu “ (samedi) et au 123 (dimanche).
(BT/Yes)
B.A./Uhuru
Papa Wemba, observateur attentif de l’actualité
Le célèbre chanteur congolais livre ses réflexions sur le monde tel qu’il va

Papa Wemba a bercé mon enfance, égayé ma jeunesse. Il accompagne ma vie. Je ne passe pas une journée sans écouter cette voix éternelle, mais jamais je ne l’avais rencontré jusqu’à ce dimanche 3 mai – sauf dans deux concerts. Il est arrivé de Kinshasa deux jours plus tôt, aussitôt il a accepté de m’accorder un entretien.
A l’approche de l’heure convenue, mon cœur palpite à un rythme inhabituel. Pis, je n’arrive pas à rédiger mes questions. Du coup, j’espère un entretien à bâtons rompus. A peine m’installe-t-il dans un fauteuil – chez lui, dans une banlieue parisienne cossue – qu’il éclate de rire. Il regarde une chaîne d’info en continu, une nouvelle passe en boucle : Véronica Lario et Silvio Berlusconi sont sur le point de se séparer. Pour Papa Wemba, la presse franchit là l’iconostase de la retenue. « Cette affaire entre dans la sphère du privé ; elle ne concerne que les époux entre eux. Silvio Berlusconi est le chef de l’Etat italien, élu démocratiquement, haut dans les sondages. Sa vie privée mérite d’être respectée et protégée, même si l’homme adore les jeunes filles… »
Je lui rappelle que dans la presse française, l’événementiel fixe le tempo. Il ne bronche pas. Et je ne sais comment interpréter ce geste. Puis, après un instant de silence – le temps de regarder la suite du journal – nous enchaînons sur la grève du sexe décrétée par les associations féminines kenyanes. Instantanément, Papa Wemba craint que la mission ne soit d’avance vouée à l’échec. Et pour cause : « il y a la maîtresse qui vit dans l’ombre et qui espère toujours passer une nuit entière avec son amant. Elle n’hésitera pas à braver la grève. Le train du désir est aveugle ; il ne voit pas les gares envahies par les grévistes. Il y a la vendeuse du plaisir charnel. Elle non plus n’acceptera pas forcément la grève du sexe ; son chiffre d’affaires pourrait en pâtir. » Papa Wemba eût préféré un autre moyen de pression, une marche par exemple, comme celle organisée par les femmes mauritaniennes pour protester contre le dernier coup d’Etat militaire.
Le journaliste à la télé embraye sur la grippe A. Papa Wemba et moi l’imitons. Mon hôte revient sur l’événementiel qui fixe le tempo ; il remue la tête par dépit. « Cette pandémie n’est pas plus importante que les maladies qui sévissent en Afrique, dont le sida. Et la crise alimentaire ? N’est-ce pas une menace ? » Heureusement, ajoute-t-il, que cette grippe ne vient pas d’Afrique, car cela aurait davantage alimenté l’imaginaire européen : l’Afrique est la source de tous les maux. Toutefois, l’Afrique en souffre déjà, puisque les pauvres éleveurs de porcs égyptiens ont été sommés d’abattre leurs troupeaux. Cette grippe paraît à Papa Wemba comme une fiction réelle ; une diversion. Le monde est confronté à une crise financière, qui se fait ressentir partout, et elle doit être l’urgence numéro1.
« A Kinshasa, nous sommes tous des malades permanents. »
Il éteint la télé, non sans avoir commenté le match Marseille-Toulouse qu’il a regardé la veille, au soir. Puis il se mouche – il tient un paquet de kleenex dans sa main, car il est enrhumé. Soudain, il crache sur Kinshasa, « une ville superbement polluée ; une ville bourrée d’immondices et de mares pestilentielles. C’est un pur calvaire que de vivre à Kinshasa ; les fullas-fullas et les taxis, abondants, inondent la capitale des tonnes de gaz carbonique, sur des routes aux rainures innombrables. »
« A Kinshasa, nous sommes tous des malades permanents. Sans exception. Et le ministre en charge des questions liées à l’Environnement ne fait rien. Ni ne dit mot. Pas la moindre politique de lutte contre la pollution… », déplore-t-il.
J’avoue que je suis surpris par son ton d’une gravité insoupçonnée. Serait-il devenu écolo ? « Pas forcément », répond-il. « Simplement ce sujet n’est pas une affaire de spécialistes ; il concerne tout le monde. Aimer l’environnement dans lequel on vit, le protéger, ne requiert pas de diplômes. Chacun à sa place et avec ses moyens doit y réfléchir. Hélas ! La RDC souffre d’un déficit de projets, ce pays est un désert de fortes personnalités. Pourquoi ne pas le confier totalement aux Chinois ? Ils sont à la mode, et ils ont signé plusieurs contrats avec la RDC. »
Toujours dans le même ordre d’idées, il s’emporte contre le service sanitaire congolais, très malade. Si le médecin n’est pas assuré d’être payé, il n’administrera aucun soin. Récemment, l’un de ses proches était malade. Le médecin l’a traité illico presto, parce qu’il a découvert que cette personne était familialement liée à Papa Wemba. « Et les malades dépourvus de moyens financiers ? », proteste-t-il. Ils trépassent. Sans argent à Kinshasa, il vaut mieux ne pas tomber malade. Je ne réagis pas : je connais parfaitement cette situation. Sans transition, Papa Wemba évoque Laurent Nkunda. Ce personnage le faisait marrer ; il pressentait que ce militaire-pasteur n’irait pas loin. Un feu de paille. Papa Wemba ne se trompait pas : Laurent Nkunda a été emporté par la copulation d’intérêts miniers entre la RDC et le Rwanda. Désormais, ces deux pays peuvent exploiter le sous-sol congolais à leur guise, avec la complicité des capitales européennes.
« Obama m’inspire confiance. »
« Croire que Barack Obama distribuera des dollars en Afrique, sous prétexte qu’il a des origines kenyanes, relève d’une naïveté exquise. Il a été élu par les américains pour résoudre en premier les problèmes américains. C’est un acquis, il n’y a pas à épiloguer là-dessus. » Il n’en reste pas moins qu’à peine installé à la Maison Blanche il a adressé trois messages forts au monde : la fermeture de Guantanamo ; les problèmes soulevés par le protocole de Kyoto ; l’amorce d’un dialogue avec Cuba. Les USA sont la première puissance ; leur voix est sinon primordiale, du moins écoutée.
Pour dire vrai, l’avènement de Barack Obama est l’événement qui a le plus marqué Papa Wemba ces derniers mois. Il a confiance en lui. « Oui, le jeune président américain a toutes les caractéristiques d’un grand-homme », estime-t-il. Justement, c’est là où je voulais en venir. Comment définit-il un grand-homme ? Papa Wemba sourit. Les coudes en appui sur la table et les mains encadrant son visage, il me dévisage. Je décèle dans ce geste un tempérament intuitif – je l’ai lu dans un papier sur la psychologie. C’est sûr, il prend le temps de la réflexion. Papa Wemba me donne deux définitions : un grand-homme est celui qui naît des circonstances exceptionnelles ; un grand-homme est celui qui change le cours de l’Histoire.
Si je ne désapprouve pas la première définition, la deuxième en revanche m’agace. Je n’ignore pas que plusieurs personnages ont changé le cours de l’Histoire, mais dans le mauvais sens. C’est le cas d’Hitler, pour ne citer que ce nom. Je le signifie à Papa Wemba, lequel, sans se départir de son sourire, ajoute qu’il a voulu dire la même chose que moi. Non, on ne peut associer le verbe « déconstruire » au grand-homme. Ce dernier ne conjugue qu’un seul verbe, et au présent de l’indicatif : « Construire ». « Comme vous ? », lui dis-je. Il me fait « non » de la tête.
Nous traversons l’Atlantique et atterrissons en Afrique du sud. Que pense-t-il de Jacob Zuma ? Comme Obama, Jacob Zuma sera à partir du 6 mai – sauf coup de théâtre – à la tête d’un grand pays multiculturel – il évite le mot « multiracial ». Mais entre les deux hommes, il n’y a aucune commune mesure. Papa Wemba n’a pas apprécié cette phrase – « J’ai pris une douche pour me laver du sida. » – qu’aurait prononcée le futur président sud-africain. « C’est un propos indigne d’un responsable politique ; Jacob Zuma devrait remuer plusieurs fois sa langue avant de parler. Les gens pourraient se dire : "Finalement, on se débarrasse du sida en prenant une douche". »
« Nyoka Longo n’est pas un bosseur. »
Nous ne pouvons nous quitter sans parler de musique. Mais je le sens hésitant, comme s’il répugnait à ce sujet. Et quand je lui demande ce qui fait sa constance, sa présence perpétuelle sur la scène internationale, contrairement à ses co-fondateurs de Zaïko, il se terre dans un long silence. Mais, bientôt, il se lâche...
Sans doute par fausse modestie, Papa Wemba me dit qu’il n’a pas plus de talent que les Gina, Evoloko ou Bozi. Toutefois, un point le différencie de ses confrères : pour ces derniers la musique n’est peut-être qu’une simple passion ; pour lui c’est une vocation. Stendhal n’écrivait-il pas : « Le bonheur, c’est de faire de sa passion une vocation. » ? Oui, lui, Papa Wemba, a fait de sa « passion » une « vocation ». Dans ce contexte, un musicien de sa génération l’attriste : Nyoka Longo. Celui-ci a eu la chance de présider aux destinées d’un des patrimoines nationaux, Zaïko Langa-Langa, hélas il fait preuve de paresse. « Nyoka Longo n’est pas un bosseur ». Et, avec impatience, Papa Wemba attend son album personnel, lequel n’arrive toujours pas.
En vrac, je lui demande ce qu’il écoute et lit en ce moment, il me parle de Keziah Jones et d’un livre puissant – Le secret. Concernant son actualité, Papa Wemba prépare un album pour ses 60 ans, qui sortira avant la fin de l’année. Et il a déjà trouvé le titre : « Kema-Fumbe ». C’est une expression tétéla qui signifie : je ne suis pas venu sur cette terre pour être un spectateur. Non, Papa Wemba ne le pense pas. Et ne le sera jamais. Il continuera d’agir tant qu’il respirera. Et ce, en dépit des obstacles. D’ailleurs, il a fait sienne cette devise de Marc Aurelle : « L’obstacle est matière à actions. » L’âge ne l’effraie pas ; il n’a pas encore tout donné ni appris. Une belle leçon d’humilité.
mercredi 6 mai 2009, par Bedel Baouna
En véritable patrimoine national, JP-BUSE éclair l'opinion
| Article publié par la Direction de Congoedition ( htt://www.congoedition.com) |
| Monday, 04 May 2009 12:17 |
Dans une conférence de presse à Toronto, le Samedi 02 mai 2009, JP BUSE est allé Vers les journalistes congolais locaux, ainsi que l’invité spécial venu de Washington, Garry Iwele GI( Bakolo States) et le public héterogène venu l'écouter. La journée a commencé par la musique avec Nancy Ciakudia, suivie d’une interview avec l’artiste congolais Ado Makuntima. S’exprimant à son tour au cours du point de presse co-animé par Garry Iwele et Olivier bolya Dans la salle Council Chamber 2700 Eglinton à Toronto Canada, JP Buse a indiqué que les rumeurs circulant qu’il avait abandonné la vie chrétienne sont totalement fausses, étaient les conséquences d’une mauvaise interprêtation d’un article de Digitalcongo.net auquel on lui a attribué ce revers. Tout en se félicitant des développements positifs issus de ce point de presse, il s’inquiétait cependant de certaines pratiques qui divisent la communauté; la persistance des tensions intercommunautaires et individuelles, surtout de leur impact sur l’artiste congolais et Chrétien en particulier. Après cela JP BUSE s’est plié au jeu des questions- réponses avec le public, séance au cours de laquelle il a émerveillé l’audience par sa capacité de comprehension et surtout ses reponses historiques et non conflictuelles. Qui avait dit que la démocratie et l'église n'étaient pas compatibles ? Une conversation franche et sincère a suffi pour lever les équivoques "d'hier". A la question s’il ira à la fête de 40 ans de Zaiko Langa Langa à Kinshasa s’il est invité, il a dit qu’il ira car l’évangile n’a pas des frontières, mais seulement il faudra qu’il y est des "préables"avec son grand frère Nyoka Longo pour ne pas vexer les "faibles" et preserver l'image "clean" contre les "tordeurs" de vérité. Les images seront disponibles à travers L’émission Bakolo States de « GI » qui est diffusée à Kinshasa. Cet exercice était comblant, nous invitons les intéllectuels congolais à se plier à cet exercice car du choc des idées, jallit la lumière. JP BUSE a prouvé en toute sincerité que l'on peut parler ensemble en famille au lieu de faire des "monologues" contre ses propres frères et soeurs. Une étape a été franchie, la journée s'est cloturée par des prises photos avec l'audience et les journalistes. Garry Iwele a régagné Washington le Dimanche par un vol de UNITED AIR LINE Via New York. Coup de Chapeau à l'organisation qui était une joint venture de Ondes Africaines, Congoedition et Bakolo states comme collaborateur. L'union fait la force. Photo ci-dessus : de gauche à droite Nancy Ciakudia (étudiante à l'Université Oxford),Olivier Bolya, JP BUSE, Gary Iwele G.I., Ado Makuntima, la fille du père de l'independance Kashimura. Photo ci-dessus: Après le point de presse, Garry Iwele G.I. s'entretient avec maman Julie Lutete, la Directrice General de l'Auberge Francophone de Toronto. Photo ci-dessus: fr. JP-BUSE et Papa Jean-Pierre Matulu Serviteur de Dieu et Président de l'organisme AUBERGE FRANCOPHONE de Toronto Photo ci-dessus: Monsieur et madame JP-BUSE La direction de Congoedition ( http://www.congoedition.com) |
Frère Likinga Mangenza Redo dans le seigneur...
| Frère Likinga Mangenza Redo et Soeur Joujou Lumumba dans "Repentance" |
| Écrit par Redaction | |
| Lundi, 20 Avril 2009 08:19 | |
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Par Freddy Mulongo, dimanche 19 avril 2009 à 22:24
Après une carrière musicale couronnée de succès et de gloire dans Zaïko Langa Langa. En 1975, Likinga Redo et Lengi Lenga sont recrutés pour combler le vide laissé par Wembadio, Anto-Evoloko, Bozi Boziana, et Mavuela Somo qui ont quitté Zaiko en 1974. Dès lors, de 1975 à 1984, avant son arrestation au Portugal, Likinga Mangenza Redo grâce à sa voix, avec une petite touche de mélancolie dans sa voix, va changer la dimension des chansons de Zaïko Langa Langa. Depuis sa sortie de prison et sa maladie, Likinga Redo chante pour son Dieu. Il est accompagné spirituellement par le Frère Adjina Djuma -Pili, leader du Centre Evangélique "Espace de Prières". 1. Réveil FM: Likinga Redo, pourquoi "Repentance" ? Frère Likinga Redo : La gloire est au Seigneur notre Dieu et pas pour l’homme que je suis. Dieu m’a aidé dans ma longue maladie et m’a sauvé de la mort. J’ai à cette occasion fait le bilan de ma vie d’artiste et je n’ai rien trouvé à montrer comme trophée ou acquisition de quelque sorte. Je me suis retrouvé tout à coup seul tout seul, c'est le vrai bilan que j'ai pu faire. Cela arrive également à d'autres que moi, le seul à être fidèle dans tout, c'est Dieu. Dans mon cas, les fans de toutes les belles chansons que j’ai écrites et chantées n’étaient plus avec moi, c'est la vie. Dans ma solitude et la maladie, le Seigneur notre Dieu est seul venu à ma rescousse. Voila pourquoi, j’ai décidé d’aller de l’autre côté de la barrière. Aujourd’hui, je prépare un album dedié à l’Eternel mon Dieu qui sera présenté par Adjina PRODUCTIONS sous le label "Pan African Corporation Records. A l’occasion de la sortie de cet album, je répondrai volontiers à toutes les questions que vous voudrez bien me poser. Je profite de l’occasion que vous me donnez aujourd’hui pour saluer toutes les personnes qui ont aimé mes chansons et je leur demande de me retrouver dans l’adoration et la louange pour la gloire du Dieu tout Puissant, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. 2. Réveil FM: après votre album « Jour de Gloire » voici que vous nous présentez avec Likinga Mangenza Redo l’album « Sois loué Seigneur » pourquoi tant d'investissement dans la chanson chrétienne ?dans la vie des croyants ? Soeur Joujou Lumumba: Le chant est un moyen approprié pour exprimer des affections et des aspirations de l’âme. C’est un outil d’excellence pour adorer, glorifier et louer l’Eternel notre Dieu. En retour, il en résulte une bénédiction et un profit pour non seulement celui qui chante, mais aussi pour celui qui écoute. En reprenant les paroles du psalmiste : «Il est bon de célébrer l’Éternel, et de chanter des cantiques à la gloire de ton nom, ô Très-Haut» ! (Ps. 92:1), on constate que cette tradition perdure dans la vie des croyants que nous sommes à travers nos chants de louanges au Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ. L’humilité, la foi en Dieu et la sincérité du croyant produisent un univers de paix, de calme, d’amour et de foi qui favorise la sensation de la présence de Dieu à nos côtés. Dieu voit tout et est partout à la fois, mais il ne manifeste sa présence qu’à celui qui l’appelle en esprit et en vérité. Si nous avons la bonne attitude, Dieu se manifeste à nous et permet un moment de communion intense avec lui. Avant de prier, le chant chrétien est un outil qu’il convient de mettre en première ligne, car il prépare le terrain à travers la louange et l’adoration, favorisant ainsi la manifestation à nos côtés du tout Puissant Dieu d’Abraham, d’Isaac et Jacob, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. A partir de là, nous pouvons prier, faire des supplications car Dieu est parmi nous. Ce DVD de 11 clips+bonus " Sois loué Seigneur " de Sr Joujou Lumumba est disponible dans les points de vente habituels. Pour vos commandes contacter BPM - Bandu Pauline Madanga 06 10 93 33 59/ +33 (0) 6 19 51 63 93 Adjina Productions - Pan African Corporation Records 06 50 71 55 78 |
Parlons de Zaiko Langa Langa
GENESE
Vèrs les années 50 et 60, la musique était un volcan éteint. En 1968, il est brusquement entré en éruption avec les malheureux, révoltés long hair (cheveux longs), les hippies… des U.S.A. qui avaient dit non à la bourgeoisie américaine et à la tuerie de la guerre du Vietnam avec des fleurs.
A l’époque, le chaudron de la musique bouillait, sous l’impulsion de la vague yéyé en France représentée par Johnny Halliday le chef de file, Richard Antony, Eddy Mitchell, Antoine Mouraccioli, Michel Polnareff etc
Pendant qu’aux Etats-Unis d’Amérique, c’était le "Rythm and Blues era", dont les principaux chantres furent le fougueux parrain de la funk music James Brown, le bouillant Wilson Pickett, le poétique et rocky Otis Redding, le duo de choc Sam and Dave, le romantique Percy Sledge, qui tous, prêchaient ceux qui étaient atteints du mal d’amour sans omettre le guitariste gaucher Jimmy Hendrix qui jouait des fabuleux solos.
En Angleterre, c’était la folie "Pop Music" initiée par les quatre gars de Liverpool, "the Beatles", les superstars tout terrain de la planète terre, les sémillants "Rolling Stones" qui dérangeaient "the British Establishment" et "the Who" qui cassaient leurs guitares et leurs amplis à la fin de chaque concert.
Des jeunes congolais séduits par toutes ces musiques, décidèrent de faire comme les Mick Jagger, John Lennon, Paul Mc Cartney ou Bob Dylan, éblouir à leur tour en musique. Pari tenu? Parmi la pléthore des groupes qui virent le jour pendant cette période d’effervescence musicale l’histoire de l’orchestre Zaïko Langa-Langa mérite d’être contée à la postérité pour ses hauts faits d’armes artistiques.
En fait, l’aventure de Zaïko Langa-Langa avait débuté avec la création en 1968 d’un groupe Belguid National de la Commune de Kasa-Vubu dans lequel gravitait N’Yoka Longo Joseph alias Jehrsy Jossart (José sera artiste) qui figure parmi les premiers à y avoir intégré, suivi quelques mois plus tard du guitariste Félix Manuaku. Lors d’une répétition du groupe Belguid, un jeune homme du nom de Jules Shungu Wembadio qui y assistait en qualité d’ami du cousin des Mangaya, se mit à chanter un hit de Rochereau Pascal, « Adios Théthé » en improvisant. Ebloui par cette prestation spontannée, le quatuor D.V. Moanda, André Bita, Delo Marcellin et Henri Mongombe, les membres du Comité Directeur décidèrent la dissolution du groupe initial pour créer une nouvelle structure avec Jules Shungu Wembadio.
Des décombres de Belguid National, naîtra le phénix des orchestres aux multiples vies, Zaïko Langa-Langa, sous la férule de quatre co-fondateurs notamment : Vital Moanda-di Veta le 2ème batteur de tam tam de Zaïko (Dcd) en 1984, Henri Mongombe, Delo Marcellin et André Bita (Dcd) en 1993 dont l’objectif était de distraire les vacanciers avec la musique et la danse après les rencontres amicales de football.
Ainsi, Papa Wemba vint prêter mains fortes aux deux précités. Tandis que Teddy Sukami s’y trouvait déjà en qualité de Secrétaire Administratif de Belguid National. L’engouement de la musique lui fera troquer son stylo à bile contre la guitare électrique.
La racine pivotante de l’arbre généalogique du Tout Choc Zaïko Langa-Langa était composée au départ des vocalistes: Jacques Pelasimba, Jules Presley Shungu Wembadio (Papa Wemba) et de N’Yoka Longo Jossart. Des guitaristes : Pépé Felly Manuaku, Teddy Sukami, Enoch Zamuangana, des bassistes Damien Ndebo et Muaka Oncle Bapius. Aux percussions : Baudouin Mitshio, drummer et Ephraïm, au tam tam.
La sortie du groupe se fit dans la commune de Kalamu au bar "Hawaï" sur Bongolo, actuellement ciné.
Le gros de la troupe bénéficiera plus tard de l’apport des vocalistes : Anto Evoloko Atshuamo et Gina Efonge. Quant à Bimi Ombale entré dans l’orchestre comme drummer, sa voix lui servit d’atout pour s’imposer avec l’appui de N’Yoka Longo, comme chanteur suivi par Mbuta Mashakado, Bozi Boziana et de Mavuela Somo Siméon. Zéphyrin Matima alias le "pop" était le soliste qui accompagnait les chanteurs qui passaient en vedette américaine à Kinshasa on disait "en lever le rideau" ou "chanteur pop’’ (Pierre Nkumu (dcd), Mbuta Sansa Santos (dcd), Gilbert Benamay-E-Mazi et Mary Joe Belobi engagé comme 3ème batteur de tam-tam instrument avec lequel il excellait dans les rangs du Xaverie du Camp Nicolas Cito. Grâce à l’insistance de D.V. Moanda, il deviendra le drummer attitré du groupe en remplacement de Bimi.
D’une manière ou d’une autre, les jeunes gens sus-mentionnés eurent maille à partir avec leurs géniteurs. A l’unanimité, ceux-ci ne tenaient pas à ce que leurs rejetons mènent la vie de bohême des Wendo et des Bowane qui pour ces fonctionnaires et employés étaient des délinquants. Les jeunes artistes en herbe étaient obligés de sortir par la fenêtre pour ensuite faire les murs des parcelles afin d’aller dans les bars assouvir leurs passions pour la musique.
TRIOMPHES ET TRAGEDIES DE 1969 - 2000
L’orchestre Zaïko Langa-Langa vient de boucler une tournée musicale qui s’est échelonnée sur plusieurs années bien sonnées depuis le 4 décembre 2000. Des décennies d’existence pour un orchestre ce n’est pas peu de choses. Zaïko Langa-Langa comme le phénix cet oiseau légendaire qui renaît de ses cendres plus beau qu’avant durant son périple mouvementé, a frôlé la désintégration à trois reprises.
La première épisode fut le départ de Papa Wemba, Bozi Boziana, Evoloko Atshuamo et Mavuela Somo en 1974 pour aller créer Isifi Lokole (Institut de Savoir pour la Formation des Idoles). La deuxième secousse sismique de 1980 résulta au départ du "sorcier de la guitare" Félix Manuaku Waku qui s’en fut créer son Grand Zaïko Wawa.
Ce serait un lapsus calami que de ne pas rapporter les « efforts » du trio Franco Luambo Makiadi, Kiamuangana Mateta Verckys (Vévé) et Tabu Ley Rochereau en vue de mettre un terme à la carrière prometteuse du groupe Zaïko Langa-Langa dont le succès intarissable éclipsait la popularité de cette "Cour des grands rapaces".
C’est Franco qui enclencha le processus de destruction de l’orchestre, en tant que promoteur de la mémorable tournée européenne de 3 mois que le groupe effectua en 1980 sous la dénomination de "VISA 80". Luambo, abusa de la confiance des artistes en ne rémunérant aucune production en dépit de l’affluence aux bals dansants que livrait l’orchestre. Malgré ses déboires, le groupe spontanément avait enregistré deux LP, 33 tours en vinyle pour le compte du Grand Maître Franco en échange d’un équipement musical.
Mais, comme toujours, celui-ci, ne tint jamais parole. C’est ainsi que les artistes, excédés, décidèrent de céder leurs chansons à Kiamuangana Mateta Verckys qui les courtisait avec l’espoir que ce dernier au moins respectera sa promesse, au terme de laquelle l’orchestre possédera son propre matériel. Fort de la confiance que Zaïko avait placé en sa probité, Kiamuangana Verckys deviendra le producteur de Zaïko en 1982. Il mettra à l’usage du groupe un équipement complet pimpant neuf de marque « Ranger ». Mais dans sa duplicité, celui-ci tenait ipso-facto à faire signer un contrat d’«esclaves» au groupe. S’étant rendus compte que ledit contrat n’avantageait que le producteur à leur détriment, ils refusèrent de le signer. Mis hors de lui par la clairvoyance des artistes, Verckys est allé « kidnapper » une partie des instruments qui se trouvait au Ciné palladium (actuellement Cinémax) en vue d’une prestation en matinée. L’autre partie, il la récupérera lors d’un bal dansant que le groupe devait livrer à « La Hutte », un bar de la commune de Lingwala. Plus tard, celui-ci usera de la ruse pour débaucher quelques artistes du groupe. C’est Verckys qui poussera Evoloko et Bozi Boziana qui dans l’entre-temps avaient réintégré Zaïko à déserter de nouveau en compagnie de Roxy Tshimpaka et Djo Mali pour travailler à son compte en montant Langa-Langa Stars, l’orchestre des "7 patrons". Zaïko Langa-Langa exsangue par le manque d’instruments est resté inactif durant 9 mois. Les fanatiques de Zaïko, faute de s’abreuver à la source, se mirent à fréquenter les prestations de Langa-Langa Stars pour s’éclater. Beaucoup des pessimistes confirmèrent la naufrage de Zaïko.
Survint le "consolateur" Rochereau Pascal Tabu Ley qui, gracieusement, remit des instruments au groupe sans rien demander en contre partie. Zaïko qui dans l’entre temps avait repris du poil de la bête en drainant des foules à chacune de ses prestations, n’était pas encore à l’abri des mauvaises surprises. Effectivement, c’était sans compter avec la versatilité du "Sauveur" Tabu Ley. Celui-ci chargera son factotum Losikiya Maneno de récupérer le matériel entreposé chez N’Yoka Longo un jour à 6 heures du matin avec un prétexte plausible; "l’Afrisa devait honorer un concert en plein air. Pour renforcer la puissance des instruments, il fallait l’apport de la partie en possession de Zaïko’’, Hélas, le groupe consterné ne revit ni n’entendit plus parler de ce matériel.
L’histoire fit des chaudes gorges dans la capitale.
Quelle ne fut pas la surprise des artistes et de tout Kinshasa d’apprendre que Franco, Verckys et Tabu Ley Rochereau des ennemis jurés dont l’inimitié engendrée par la course au leadership monétaire et musical, avaient pour la circonstance pactisé sous l’appellation de "Trois Mousquetaires de la musique" dans le but prémédité de réduire au silence l’orchestre Zaïko! En fait, l’antagonisme de Zaïko avec les précités étaient dû à son succès musical et sa supériorité scénique. D’où la décision du trio de mettre hors d’état de "nuire" ce groupe qui avait tendance à leur ravir les feux de la rampe. A Kinshasa et partout en R.D.C., jeunes et adultes vibraient sur une seule longueur d’onde musicale l’orchestre Tout Choc Anti Choc Zaïko Langa-Langa.
En 1984, Zaïko Langa-Langa 1er groupe zaïrois à être invité officiellement par le gouvernement de l’Empire du Soleil Levant, y effectua une tournée mémorable dénommée Nippon Banzaï, (En Avant le Japon). Cette tournée eut comme épicentre la capitale Tokyo et les villes de Sapporo et Ossaka. Elle permit aux japonais de faire la découverte de la culture zaïroise. Subjugués par les prestations magistrales de Zaïko Langa-Langa, des jeunes japonais décidèrent d’apprendre le lingala afin de chanter comme les vocalistes de Zaïko. La radioactivité générée par la chaleur des chants, l’instrumentation, et les danses issues du terroir, contaminèrent les sujets de l’Empereur Hiro Hito, qui prirent le parti de descendre à Kinshasa afin de vivre en immersion totale la frénésie musicale kinoise et maîtriser son arcane.
Son enième Golgotha, Zaïko l’a vécu avec une intensité maxima par la défection massive de ses membres, à l’apogée de son succès en 1988. Ce fut l’épisode la plus dramatique de la vie de cet orchestre. Arguant la tyrannie et la mégestion, 11 musiciens excités par Mazaza le chargé des relations publiques et Ilo Pablo, de connivence avec les conseillers du ministre gabonais Gustave Ngossanga (Ngoss), le mécène du groupe, planifièrent la destruction systématique du groupe au détriment de N’Yoka Longo.
Eblouis par les promesses mirifiques des voitures flambants neuves et des villas que le ministre leur livrerait, clés en mains, les guitaristes Zangilu Popolipo, Avedila Petit Poisson, Jimmy Yaba, Yvon Kabamba, le drummer Ilo Pablo, le "Keyboardist" José Pianu Pianu, le batteur Manzeku, l’animateur Bébé Mangituka et les chanteurs Bimi Ombale, Lengi-Lenga et J.P. Buse prirent la clé des champs pour monter un orchestre «démocratique» la météorite «Zaïko Langa-Langa Familia Dei» qui par la suite s’avéra un phénomène ultra-bref qui eut juste le temps d’apparaître et de disparaître. Ô ironie du sort, à cause de la tyrannie et de la mégestion, étrange ! étrange !. Plus tard, "les révoltés" parvinrent à convaincre Likinga Redo Mangenza à les rejoindre. Celui-ci, venait de purger une détention de 7 ans à Lisbonne et n’était pas en possession de données exactes de la dissension. Sur un brusque coup de tête il optera pour Familia Dei. Après un périple en Europe, il abandonnera le groupe pour s’occuper de ses affaires.
Du Zaïko initial il ne restait plus que 8 musiciens dont les chanteurs N’Yoka Longo, Dindo Yogo et Gilbert Benamay-E-Mazi, des guitaristes Matima, Zamuangana Enoch et Muaka Bapius, du drummer Mary Joe et de l’animateur Nono Monzuluku. N’Yoka Longo et ses acolytes furent contraints de recruter d’autres musiciens pour régénérer le groupe.
C’est ainsi que les guitaristes Shiro Mvuemba (ex Minzoto dcd), Baroza Bansimba (ex. Empire Bakuba dcd), Landu Kiangala Shango (ex Oka Elengi Eye), Omer Boanga (ex Langa Langa Stars (dcd), Jean-Marie Motingia (ex Oka Elengi Eye) firent équipe avec les chanteurs : Adamo Ekula (ex Gd Zaïko Wawa), Lofanga Rossi (ex. Etumba na Ngwaka dcd), Mondial Mafuta (ex Gd Zaïko wawa), Thylon Moanda (ex The Best), Petit Aziza Nsiku (ex. Viva la Musica dcd), Alpha Kopea Keyboard (ex The Best dcd), Patcho Star (ex Viva la Musica), Célé Mbonda (ex Langa-Langa Stars) s’unirent pour le meilleur et le pire ? voire ?. L’instinct de conservation des huit précités allié à la volonté des nouvelles recrues à se faire un nom dans cet orchestre de renommée , remit le navire Zaïko Langa-Langa de nouveau à flot.
En 1989, le guitariste Gégé Mangaya et le chanteur Malage de Lugendo, tous transfuges de l’orchestre T.P. O.K. Jazz postulèrent pour l’orchestre Zaïko Langa-Langa.
TOUT CHOC ANTI CHOC ZAÏKO LANGA-LANGA
Depuis la création de Zaïko Langa-Langa, tous les orchestres essayent d’écrire et d’enregis-trer l’ultime chanson, mais ils sont simplement en train d’essayer de pomper Zaïko, en utilisant son sens de la dynamique rythmique, d’abord doux, puis, puissant et dur. Le style de riffs de guitare de Pépé Felly, qui à chaque seben de Zaïko Langa-Langa, faisaient tomber en pâmoison les « fanatiques » dans un délire musical, étaient des clichés que tous les orchestres reproduisaient à outrance.
Tous les musiciens étaient obnubilés par le "sound" Zaïko qui était devenu une contrainte. Les groupes qui présentaient un son contraire au "Zaïko sound" ne faisaient pas long feu. Dès le début, Zaïko Langa-Langa fut une association d’artistes prônant l’usage des normes fines. Leur art devait résulter d’un groove sensuel et, dansant, si possible accessible au plus grand nombre, c’est dans cet optique que furent conçus des tubes tels que "La Tout Neige", "Zaïko Wawa", "Francine Keller", "José Lina", "Mizou".
Le résultat fut un engouement de la part de leurs fans et une concurrence effrénée de ceux des musiciens des orchestres Thu-Zaïna, Empire Bakuba, les Symba, Continental, Stukas Boys et Tabou National. "Zaïko Langa-Langa facile à imiter mais difficile à égaler" ne cessait de clamer sans fausse modestie N’Yoka Longo à la cantonade.
ZAÏKO LANGA-LANGA, FEELING DE TOUTE UNE GENERATION
On attribue à ce méga groupe du firmament musical Zaïro-Congolais un apport ô combien appréciable de la rythmique percussive, notamment sur le tempo de la caisse claire rythmant la danse "cavacha" introduite à partir de 1973 par Mary Joe (Lors d’un voyage de l’orchestre à Pointe Noire entre Brazzaville Pointe Noire ) mis au défi par ses copains de reproduire expressément les cliquetis des roues motrices d’une locomotive lancée à vive allure sur les rails, mit au point le "beat cavacha". Cela lui valut le surnom de "Machine ya Kauka". C’est cette frappe que tous les orchestres congolais, africains et antillais ont copié avec emphase Helas Belobi Ng’ekerme,... au bagne d’Ekafela dans la province de l’Equateur où il passera 2 ans. Zaïko recoura aux offices de Bakunde Ilo Pablo pour cogner sur les "casseroles".
Cette innovation a contribué à régénérer l’âme de la musique nègre, de l’Afrique aux Caraïbes, en passant par le Japon. C’est ainsi qu’en 1974 la génisse Zaïko Langa-Langa, s’est muée en une vache grasse, qui aux fils des ans, a mis bas Isifi Lokole 1974 (Evoloko, Bozi Boziana, Wemba, Efonge), Yoka Lokole (Mavuela Somo et Mbuta Mashakado), Isifi Melodia 1976, Viva la Musica 1977 (Papa Wemba), Libanko (Efonge Gina), Grand Zaïko Wawa 1980 (Manuaku Waku), Langa-Langa Stars 1981 (Evoloko et consorts), Victoria Eleison 1982 (Eme-neya), Historia Musica 1983 (Debaba et Koffi Olomide), Quartier Latin (Koffi Olomide), Choc Stars 1984 (Bozi Boziana et Roxy Tshimpaka), Anti Choc de Bozi Boziana 1986, Familia Dei et Choc Musica de Djo Nolo 1988. Bimi Ombale non content de l’épisode famille de Dieu (Fami-lia Dei) pliera ses bagages et s’en ira créer Basilique Loningisa Mwana Wabi en 1990. Dindo Yogo quittera le groupe pour aller renouer avec Etumba na Ngwaka dans la formule Ngwaka Aye.
En résumé, la maestria musicale de Zaïko Langa-Langa a fait tâche d’huile. Hier au Zaïre et à la République Démocratique du Congo d’aujourd’hui, en faisant un crochet à Brazzaville et le reste de l’Afrique, l’Europe, les Caraïbes et aux confins du monde, l’Empire du Soleil Levant (Japon), les musiciens s’adonnent ou pimentent leur musique avec les ingrédients du sound Zaïko Langa-Langa que l’on reconnaît facilement. Parmi la pléthore d’exemples, citons l’injonction à danser "Hey maboko" de la chanson "Pa Oki" reprise avec verve et brio par le groupe zouk Kassav dans leur hit à tout casser "Mwen maladaw" sous la version "a mam’hé maboko". Un conseil, réécoutez le méga hit du guinéen Wally Badarou « High Life’’, son beat saccadé ne vous rappèle-t-il rien ?. Il n’y a pas longtemps, le groupe ivoirien Magic System vient de récidiver avec le rythme cavacha créé par Zaïko Langa-Langa, avec son tube "Gaou", qui fait toujours un malheur dans les discothèques. Les riffs des guitares et subtilités du makosa camerounais ne sont que des "gimmicks" made in Zaïko Langa-Langa. Qui peut dire le contraire ? Personne ! A moins de ne pas appartenir à la race des mélomanes chevronnés. C’est encore le même Zaïko Langa-Langa qui le premier a expérimenté les rapeurs "Atalaku" en 1982 à l’instigation de N’Yoka Longo et Zumbu Sonnerie le danseur du "sonzo" (dcd). Aujourd’hui, le groupe qui ne possède pas un "atalaku" dans son attelage est non partant.
ZAÏKO LANGA-LANGA NKOLO MBOKA LE POINT DE NON RETOUR
Comment peut-on rester indifférent à l’esthétique musicale de Zaïko Langa-Langa. Les vrais adorateurs de la liturgie musicale basé à Kinshasa, en Europe et partout ailleurs identifient la virtuosité des pulsations des musiques de tous les orchestres, ayant pignon sur rue qu’il s’agisse des Wenge, les O.K. Jazz, les Viva la Musica, les Quartier Latin aux Nouvelles Ecritures etc, au travers de la tapisserie joyeuse des rythmiques endiablées de Zaïko Langa-Langa. L’art au départ est une projection mentale que l’artiste matérialise ensuite. Il requiert une mobilisation totale des potentialités psychiques et physiques.
N’Yoka Longo physiquement et spirituellement ne fait qu’un avec Zaïko Langa-Langa. Lui qui exerce ce métier-passion de musicien, tellement humain, typique d’une époque où la musique joue le rôle de cohésion sociale et économique qui font cruellement défaut dans notre société actuelle, est appelée à assumer intégralement ses responsabilités de leader musical. dans le développement de la nation congolaise, malgré moult dérapages.
Désormais la musique de Zaïko Langa-Langa ne se limitera plus seulement avec le paraître (clips, danses) mais avec une musique tonique et "move" qui sera élaborée et fignolée pour émouvoir l’âme. Le maxi-single "Feeling" préfigure le premier échantillon de cette nouvelle approche. Apprêtez-vous déjà à subir la secousse tellurique de leur prochain C.D. de 12 titres EUREKA qui est dores et déjà en chantier.
LA PEDAGOGIE DE ZAIKO LANGA-LANGA
Avouons-le, en toute franchise et honnêteté, jusqu’à présent aucun groupe du Congo Démocratique n’a pu contribuer à l’essor de notre culture comme l’a fait Zaïko Langa-Langa depuis 1969.
S’il faut aujourd’hui parler concrètement des réalisations de la 4ème générations des musiciens de la République Démocratique du Congo, les personnes lucides et pragmatiques remarqueront qu’à part la polémique et les idées biscornues que les "branchés" ont pompeusement baptisés « stratégies », il n’y a rien de concret qu’ils ont injecté dans notre musique.
Par contre l’apport pédagogique de Zaïko Langa-Langa aujourd’hui est indéniable une inventaire s’impose, récapitulons
primo, il l revalorisa les guitares en leur accordant une part active pour faire danser.
Secundo, le beat cavacha permit aux artistes zaïrois de modeler des pas de danses époustouflants c’est le tempo qui
Tertio, comme le groupe n’avait pas les moyens d’embaucher des souffleurs (saxophonistes, trompettistes et trombonistes) qui étaient des professionnels vivant de leur art, il opta pour des envolées lyriques de guitares qui décuplant la transe hypnotique de la danse. Plus tard, il complétera le vide des instruments à vents avec une orgue Farfisa. C’était parti pour les autres groupes qui dans la foulée optèrent pour les keyboards (instruments à claviers).
Quarto, la basse percussive.
Quinto, la trouvaille grâce aux onomatopées et cris d’animation des chants en repons de terroir de la RDC processus que les chanteurs déracinés de la Jamaïque emploient dans leurs chansons de style Raggamufin afin de coller à leurs "roots" africaines.
La fusion prémédité de ces instruments contribua à l’émergence d’un son et d’un style de musique qui se démarquait des écoles, O.K. Jazz, African Jazz et African Fiesta. Ainsi, Zaïko Langa-Langa peut sans forfanterie se vanter d’être le géniteur du "Rock-Rumba" made in Kinshasa. Hormis le fait que la vache laitière a aidé à engraisser musicalement bon nombre d’orchestres et des vedettes en herbe à croître en stature, ce groupe mythique est, et, reste le catalyseur des vocations artistiques dans notre pays, pourquoi pas ailleurs.
Retour de JP-BUSE dans Zaiko ?
Ancien chanteur de Zaïko Langa Langa, J.P. Buse est devenu membre effectif de l'Eglise universelle de Dieu au Canada
Bob Ambongo
Kinshasa, 9/02/2009 (Uhuru, via mediacongo.net)
Manuaku parle de ZAIKO LANGA LANGA - Lien mp3
http://www.radiookapi.net/files/audio_file_14838.mp3






